Version 2.0.1.4

Pauvre humain
qui trime
qui croit qu’il vaut rien
s’il a pas tout donné

Pauvre humain
qui court
qui cherche l’amour
sans jamais s’arrêter

qui craque quand il a trop
qui craque quand il a trop
qui craque quand il a trop

trop à penser
trop de bruit
trop d’écrans dans son lit
trop à faire

on est pas des machines
on est pas des machines
faut stopper les turbines
pauvre humain, y a trop de courant
qui te contamine

pauvre humain
qui a peur
de la mort et du vide
de tout ce qu’il peut pas remplir

pauvre humain
qui achète
des kilos de choses bêtes
sans vraiment s’attendrir

qui craque quand il a trop
qui craque quand il a trop
qui craque quand il a trop

trop de travail
trop d’idées
trop de temps sacrifié
à s’en faire
l’enfer, l’enfer, l’enfer

on est pas des machines
on est pas des machines
la pression nous domine
la résistance décline

tous les jours c’est la mine
y a rien qui nous vaccine
faut sortir de l’usine
retrouver nos racines

on est pas des machines
fais tourner l’hémoglobine
on est pas des machines
pauvre humain, y a tant de passion
dans ta dopamine

petite ville
quelques réverbères
et plus personne dehors
y a toi qui fumes à la fenêtre
et juste derrière
y a cet homme qui dort

petit sourire
tu repenses au jeu
qui t’a menée là
comme une chaîne
toute en douceur
le long de tes bras

tu la regardes
un maillon puis l’autre
sous la surface
l’encre pénètre
il a posé sa dédicace

comme un tatouage
tu l’as dans la peau
t’as pas été sage
et ça s’effacera pas de sitôt

petit café
rien ne t’attache
en réalité
tu peux revenir
jouer encore
à te laisser dompter

mais où que tu ailles
toi seule sauras
le dessin caché
sans douleur et presque sans remords
tu l’as laissé marquer ton corps

comme un tatouage
tu l’as dans la peau
t’as pas été sage
et ça s’effacera pas de sitôt

comme un tatouage
tu l’as dans la peau
t’as pas été sage
et ça s’effacera pas de sitôt
comme un tatouage
tu l’as dans la peau
sans piège et sans cage
brûlée comme un cheval de rodéo

Comme deux espèces de panthères
aux gueules bizarres
qui lascives se roulent par terre
dans la jungle de mes idées noires

elles rampent
elles guettent
elles veulent croquer du bonheur
elles montrent les dents
les sales bêtes
dès qu’on s’approche de mon coeur

J’ai beau leur lancer des pierres
ou des morceaux de viande
elles agitent leurs langues de vipères
et poussent des rugissements qui me hantent

j’essaie
de les apprivoiser
mais il n’y a rien à faire
elles se laisseront pas
amadouer
c’est mon petit morceau d’enfer

aucun fusil
aucune flèche
ne pourra tuer ces démons-là
indomptables
immortels
ils font les cent pas au fond de moi

regarde, les panthères s’endorment
tout est calme
partout, les couleurs s’éclairent
ça fait comme une aurore boréale

les lianes
le lierre
la vie grandit tout autour
si elles se réveillent
les chimères
elles seront piégées à leur tour

aucun fusil
aucune flèche
n’aura à tuer ces démons-là
immobiles
immortels
ils restent envoûtés au fond de moi

aucun fusil
aucune flèche
n’aura à tuer ces démons-là
immobiles
immortels
ils restent endormis au fond de moi

Envie d’air

j’aimerais mordre dans le ciel
pour avoir le goût des nuages

j’aimerais mordre à tire-d’aile
pour avoir le goût du voyage

j’aimerais mordre une goutte d’eau
pour que mon goût roule et tangue

j’aimerais mordre dans tes mots
pour avoir le goût de ta langue

je n’y vois rien de louche
dès que tu me touches
j’en ai l’eau à la bouche
j’ai pas les papilles farouches
et dès que tu me touches
j’en ai l’eau à la bouche

j’aimerais mordre quelques notes
pour avoir le goût de la musique

j’aimerais mordre un bon vieux rock
pour voir si c’est un goût qui pique.

j’aimerais mordre une salsa
mon goût collé serré contre toi

j’aimerais mordre dans ta voix
pour que son goût reste avec moi

je n’y vois rien de louche
dès que tu me touches
j’en ai l’eau à la bouche
j’ai pas les papilles farouches
et dès que tu me touches
j’en ai l’eau à la bouche

elle a de beaux cheveux longs
de jolies bottes blanches
on voit poindre un papillon
sur sa hanche
lui, avec ses 17 ans
pour elle, comme il est grand
et il a posé les mains
sur ses hanches
et ils s’embrassent

parce que les gens qui passent
l’avenir qui tracasse
le monde entier qui refuse de comprendre
ça peut attendre

ils s’embrassent les yeux fermés
ils s’embrassent sans se cacher
ils s’embrassent, vous les voyez voguer
un océan de rêve, juste au bout des lèvres
ils s’embrassent

juste un peu fatiguée
elle porte un joli tailleur
sensible féminité
en rondeur
lui dans son bleu de travail
les cheveux en bataille
il sait lui tendre les bras
en douceur
et ils s’embrassent

parce que les courses à faire
le loyer vraiment trop cher
(le temps qu’on cherche et qu’on perd
les amis célibataires
la jalousie qui exaspère)
le petit dernier qu’il faut passer prendre
ça peut attendre

ils s’embrassent les yeux fermés
ils s’embrassent sans se cacher
ils s’embrassent, vous les voyez voguer
un océan de rêve, juste au bout des lèvres
ils s’embrassent

le caniche tire sur sa laisse
pour aller plus près du banc
pour qu’avance sa maîtresse
aux cheveux blancs
l’homme lui n’en a presque plus
les années les ont vaincus
mais il en a passé des jours
à faire l’amour

est-ce que vous les avez vus ?
ils sont debout au coin de la rue
et ils s’embrassent

parce que les maux de dos
les enfants qu’on ne voit plus trop
le long repos que la vie doit nous rendre
ça peut attendre

ils s’embrassent les yeux fermés
ils s’embrassent sans se cacher
ils s’embrassent, vous les voyez voguer
un océan de rêve, juste au bout des lèvres
ils s’embrassent les yeux fermés
ils s’embrassent sans se cacher
ils s’embrassent, les voyez-vous voler ?
un rêve éternel, juste au bout des ailes…

je n’étais pas sa mère
mais à la maison, on campait
un weekend sur deux
y avait un matelas par-terre

son papa s’en va travailler
petit silence de timidité
un clin d’œil, quelques mots
et la voilà qui rit déjà

je n’étais pas sa mère
mais je dormais dans les bras de son père
elle m’a laissée approcher en douceur
petite princesse aux yeux rieurs
devant ses sourires pleins d’arcs-en-ciel
les jours changeaient de couleur
et dans mon cœur
elle était la plus belle

entre son père et moi
avec une main pour chacun
un sourire coquin
et attention : 1, 2, 3, hop !

petite chanson du soir
ma main dans ses cheveux noirs
on se ressemblait vraiment
très peu

je n’étais pas sa mère
et quand j’ai vu s’en aller son père
je l’ai prise dans mes bras une dernière fois
en sentant se déchirer ma voix
petite princesse couleur d’arc-en-ciel
qui lui expliquera
que dans mon cœur
elle est toujours la plus belle

par un matin d’hiver
une jolie jeune fille me sourit
elle poursuit son chemin
sans regarder en arrière

je l’ai reconnue pourtant
ses cheveux noirs dans le vent
elle est presque une femme
maintenant

je n’étais pas sa mère
juste un point de repère éphémère
devenue grande et fière
elle ne se souvient pas
mais je souris en la voyant là
si épanouie
et je sais bien
qu’un peu de ma voix
a bercé sa vie

j’ai gonflé des voiles, j’ai fait voler des cerfs
j’ai chanté dans les arbres, j’ai chassé la poussière
j’ai fait sécher vos habits, tourner vos éoliennes
mais là, y a un souci, je veux semer de la mauvaise graine

les feuilles mortes et la pluie, tout ça c’est bien joli
mon nom n’est pas lourd à porter, peut-être même trop léger
il paraît que je suis gentil, mais je ne sais plus qui je suis
si vous lisez mon histoire, c’est carrément la mer à boire

j’en ai marre d’être sage, je veux faire des ravages !

c’est moi, Zéphyr, bonjour tout le monde
chapeau bas s’il-vous-plaît, 300 mètres à la ronde
c’est moi qui me glisse sous les jupes des filles
et je dévoile leurs cuisses s’il m’en prend l’envie
c’est moi qui retourne vos parapluies
et les portes qui claquent, c’est moi aussi !

d’anticyclones en dépressions, je sens monter ma tension
quelques millénaires à souffloter et me voilà en pleine crise d’identité

je ne sais plus si je suis petit ou grand, au secours : un vent adolescent !

c’est moi, Zéphyr, bonjour tout le monde
chapeau bas s’il-vous-plaît, 300 mètre à la ronde
c’est moi qui caresse les jambes des filles
et je dévoile leurs fesses s’il m’en prend l’envie
c’est moi qui retourne vos parapluies
et les portes qui claquent, c’est moi aussi !

moi aussi je veux faire des dégâts, comme la grande et belle Kathrina !

c’est moi, Zéphyr, bonjour tout le monde
chapeau bas s’il-vous-plaît, 300 mètre à la ronde
c’est moi qui caresse les jambes des filles
et je dévoile leurs fesses si je les trouve jolies
c’est moi qui retourne vos parapluies
et les portes qui claquent, c’est moi aussi !

la nuit s’est posée doucement
elle a noyé l’horizon
il n’y a pas de terre en vue
pas de lune au-dessus

les autres dorment dans le bateau
toi tu sens le goût de l’eau
le souffle du large dans tes oreilles
tu veilles

tous tes repères
engloutis par la mer
il ne te reste plus
que le centre de la terre
qui te tient debout

tu ne vois pas les vagues arriver
mais tu les sens sous tes pieds
le voilier se penche en tanguant
sous le vent

il n’y a que la boussole devant toi
et la loupiote en haut du mat
le reste n’est qu’obscurité
à naviguer

tous tes repères
engloutis par la mer
il ne te reste plus
que le centre de la terre
qui te tient debout

c’est comme danser
les yeux fermés
c’est le bateau qui te mène, tu ne peux pas lui résister
c’est ça voguer
mais il y a l’océan à traverser
le cap à garder

quand vient la fin de ton quart
on te relaye à la barre
tu peux dormir sur tes deux oreilles
un autre veille

tu as l’air comme celui que tu respires
t’as pas l’air du large
t’as l’air en surcharge
et tu nages entre deux eaux-delà
et tu te sens perdu
comme un poisson dans l’air

tu as l’air de broyer de la marée noire
tu n’apportes rien
que du feu au moulin
et tu te sens comme les poissons que tu noies
alors tu sors un peu, pour prendre l’air de rien

la tête en l’air, le cœur qui bat
on garde les pieds sur terre
la tête en l’air, mais n’oublions pas
qu’on a tous les pieds sur la même terre

tu as l’air comme celui que tu produis
comprimé
conditionné
et tu joues avec le feu aux poudres
t’as pas compris
qu’y a pas de fumée sans air

la tête en l’air, le cœur qui bat
on garde les pieds sur terre
la tête en l’air, mais n’oublions pas
qu’on a tous les pieds sur la même terre

la tête en l’air, le cœur qui bat
on garde les pieds sur terre
la tête en l’air, mais n’oublions pas
qu’on a tous les pieds sur la même terre

j’avais cru voir
comme un clin d’œil
comme un mot doux posé sur une feuille
j’avais cru lire
des phrases enchantées
comme des lutins des licornes ou des fées

j’avais glissé
sur un arc-en-ciel
d’insouciance
j’avais cru entendre
chanter
le silence

mais c’était un mirage
forcément
comme une image
qui danse
en tremblant
sans aucun sens
un mirage

j’avais senti
comme un baiser
comme une caresse à peine murmurée
j’avais trouvé
un souffle perdu
comme un soupir qui m’avait mise à nu

j’avais vogué
dans une bulle
d’innocence
j’avais cru entendre
une voix
dans l’absence

mais c’était un mirage
forcément
comme une image
qui danse
en tremblant
sans aucun sens
un mirage

Autres titres

y a des petites fleurs en tissu
dans l’entrée, chez toi
la première fois que je les ai vues
ça m’a fait tout froid
et le petit plat bariolé
où tu mets tes clés
souvenir d’une île pleine de palmiers
avec le bord doré…

je remarque l’effort dans les toilettes
pour cacher l’odeur
ce parfum chimique de violette
ça me touche au coeur
et ta collection de CD
je devrais me taire…
mais Frédéric François remixé
ça mérite une guerre !

quand j’entre chez toi, tous mes sens font la grimace ! et pourtant, et pourtant, et pourtant…

quand je t’embrasse dans le cou
entre vanille et noix de cajou
quand je t’embrasse dans le cou
il faut que j’avoue, malgré tout, malgré tout, malgré tout…
que tu as vraiment très bon goût…

quand tu t’es mis à cuisiner
j’ai voulu y croire
tu étais si fier de ta spécialité :
le chou-fleur… au calamar !
il a fallu que je m’allonge
pour pouvoir digérer
mais dans le kaki de tes draps-éponge
ça n’a fait qu’empirer !

je suis pas difficile mais chez toi, c’est vraiment l’angoisse ! et pourtant, et pourtant, et pourtant…

quand je t’embrasse dans le cou
entre vanille et noix de cajou
quand je t’embrasse dans le cou
il faut que j’avoue, malgré tout, malgré tout, malgré tout…

quand je t’embrasse dans le cou
entre vanille et noix de cajou
quand je t’embrasse dans le cou
il faut que j’avoue, malgré tout, malgré tout, malgré tout…

qu’on serait bien mieux chez moi !

¿ en qué piensas tú cuando no haces nada ?
con la mirada flotando, las ideas al aire libre
ahí sentado, esperando, soñando, ¿ en qué piensas tú ?
cuando el tiempo se queda parado, ¿ en qué piensas tú ?

la vecina está colgando la ropa
en el patio resuena la risa del Caribe
y tú, con tu cigarro en la mano
¿ en qué estarás pensando ?

en el alma lejana que se fue a donde crece la plata
en la pequeña lágrima escondida en cada llamada
o en la fiesta de ayer, con tus amigos del barrio
y en todo lo que hay que hacer para uno seguir luchando

¿ en qué piensas tú cuando no haces nada ?
con la mirada flotando, las ideas al aire libre
ahí sentado, esperando, soñando, ¿ en qué piensas tú ?
cuando el tiempo se queda parado, ¿ en qué piensas tú ?

otra vez se fue la luz, ya huele a vela
abajo están tocando con un ritmo de rumba
y tú, con tu cigarro en la mano
¿ en qué estarás pensando ?

en la voz de la radio en el discurso de anoche
ya ni sabes si es un demonio lindo o un ángel feo
o bajarás tu también, con una botellita de ron
y así podrás olvidar todo lo que estabas pensando

¿ en qué piensas tú cuando no haces nada ?
a mí aquí se me olvidó la sabiduría de la calma
pero si de repiente me siento, ¿ en qué pensaré ?
con una copita de ron en la mano, pensaré en tí, alla…

entre parenthèses
petit morceau de vie
à l’abri des regards
à l’abri des soucis
toi qui me racontes, moi qui te souris
plongée dans ton histoire
toi qui me regardes, moi qui me confie
dans la chaleur du soir
tout ça restera mon amour… entre parenthèses

un voyage à Florence
quelques jours à Paris
le sud de la France
l’Andalousie
toi qui voyages, moi qui te suis
comme sur un tapis volant
nos rêves qui s’évadent tard dans la nuit
quand on s’endort en riant
tout ça restera mon amour… entre parenthèses

entre parenthèses
blottie au creux de tes bras
je sais bien que le temps
ne s’arrête pas
garder tes caresses comme un cadeau
quand l’aube nous laisse reprendre à zéro

il ne reste plus mon amour… qu’à fermer la parenthèse

va
te cacher dans l’armoire
je ne suis pas seule ce soir
et je ne t’ai jamais juré fidélité
et là dans le noir
tu te raconteras des histoires
pendant que moi, je t’oublierai

ooohhh

tu sais bien
tu auras toujours une place
un petit coin, ou une maison, ou même un palace
je serai jamais loin, je serai jamais loin…

viens
me prendre dans tes bras
je ne peux pas me passer de toi
si je m’éloigne, il faut que je puisse revenir
sans mensonge et sans politesse
tu fais danser chacun de mes gestes
quand j’ai pu t’aimer, j’ai compris

ooohhh

je sais bien
que quelle que soit ma place
un petit coin, ou une maison, ou même un palace
tu seras jamais loin…

ooohhh

jamais loin…

ooohhh

jamais loin…

les mecs, amenez-moi vos bécanes
je vais sortir le short en jeans
et le t-shirt blanc contre le vague-à-l’âme
les mecs, je vais ouvrir vos moteurs
je vais y plonger les bras
du cambouis jusqu’aux coudes et avec bonheur
on va réparer tout ça !
on va réparer tout ça !
si t’as des réglages à faire, viens dans mon garage !

faut voir pour changer les bougies
tu vois, y a le courant qui passe plus vraiment
et ça, c’est un souci
et parfois, y a le freinage qui flanche
et puis t’as les phares qui sont réglés trop bas
et ça, ça dérange…
on va réparer tout ça !
on va réparer tout ça !
si t’as des réglages à faire, viens dans mon garage !

quelle que soit la marque
quel que soit le modèle
je te jure, y a pas d’arnaque
ta bécane, je lui collerai des ailes !
et sur la route, face au vent
par-dessus le vrombissement de ton moteur brûlant…
t’auras les oreilles qui sonnent en Harley Davidson !

on va réparer tout ça !
on va réparer tout ça !
si t’as des réglages à faire, viens dans mon garage !

il y avait une offre dans la vitrine en bas
« votre plus beau voyage, vous n’en reviendrez pas ! »
j’ai hésité quelques instants, l’envie au coin des yeux…

et j’ai pris le train de 17h02 pour le paradis !

j’ai fermé mes valises en laissant derrière moi
des pierres, des plumes, des odeurs
et des gens qui se tutoient

j’ai quitté les paysages où tout était facile
devant moi, des couleurs inconnues
et des promesses qui s’y faufilent
au revoir, mes amis, bye bye, vous qui restez ici

moi je prends le train de 17h02 pour le paradis !

des déserts et des cascades
le nez collé à la vitre
des tunnels et des forêts
des jours, des nuits à rouler sans arrêt

on m’avait vendu du rêve, je l’avais toujours su
quand on m’a dit de descendre
je me suis pas battu
au milieu d’un nouveau paysage, j’ai posé mes bagages

et j’ai vu partir le train de 17h02 pour le paradis !

tu le sais, combien je t’aime
je t’admire, un peu trop même
toi qui me sèmes
en cours de route…

tu gravis tant de montagnes
que je crois trop hautes pour moi
et tu t’éloignes
et moi je me perds

que tu sois ma mère, ma soeur ou mon amie
il y a en toi tant de trésors que j’envie
hors de portée, tu restes celle que je suis

si proche et si loin
dans tout ce qui nous sépare
si loin mais si près de toi
pour tous ceux qui nous comparent
chère à mon coeur
même si je perds l’espoir
d’arriver à ta hauteur, à ta hauteur

mais je sais bien, tu es mon miroir
et je choisis comment m’y voir
en ressemblance
ou dans les nuances

et un jour, dans cette image
je ferai des tatouages
tout en couleur
et sans douleur

toi, ma mère, ma soeur ou mon amie
tu garderas tous ces trésors que je t’envie
même le jour où je deviens celle que je suis

si proche et si loin
dans tout ce qui nous sépare
si loin mais si près de moi
pour tous ceux qui nous comparent
chère à mon coeur…

si proche et si loin
dans tout ce qui nous sépare
si loin mais si près de toi
pour tous ceux qui nous comparent
chère à mon coeur
il n’est jamais trop tard…

si proche et si loin
dans tout ce qui nous sépare
si loin mais si près de moi
pour tous ceux qui nous comparent
chère à mon coeur
il n’est jamais trop tard
pour arriver à ta hauteur, à ta hauteur

ma rivale, tout en douceur…

il regarde la photo accrochée au mur
deux ans déjà
il se souvient de chaque minute de cette aventure
les sparadraps
les langues au chat
il y a eu des femmes depuis lors
il y en aura sûrement encore
mais sur l’image au mur de la garçonnière, il y aura toujours
un enfant et son père

il laisse un cinquième message sur le répondeur
dis-lui s’il-te-plaît
il ressaiera peut-être dans une demie-heure
juste aujourd’hui
elle devrait dire oui
il connaît les regrets, les remords
il a reconnu presque tous ses torts
mais pour souffler six bougies d’anniversaire, il y a quelque part
un enfant sans son père

être papa ou pas

être papa ou pas

il éteint la lumière et ferme la porte
sortir un peu, c’est sûrement mieux
ça fait deux ans que la colère et de plus en plus forte
serrer les dents
oui mais jusqu’à quand ?
un père sans son enfant

être papa ou pas

être papa ou pas

dans ce silence
il y a quelque chose de louche, quelque chose qui se cache
tu mènes la danse
mais il y a quelque chose qui cloche, qu’il faudrait pas que je sache
tu me souris, tu prends la télécommande
tu me dis que tout va bien et je n’en crois pas un mot
tu sais, je vois, il y a quelque chose qui gronde
il y a un orage pas loin, quelque part sous ta peau

ooooh, tu as peur !

mais c’est pas si facile
de planquer tes émotions en espérant que ça passe
et je suis assez habile
pour détecter sur ton front la faille de ta carapace
et là j’ai le choix, soit je te suis dans ton jeu
je m’assieds là près de toi, et on se laisse bercer
soit je me lance à l’eau, certaine qu’on peut faire mieux
et j’essaie de te convaincre de baisser ton bouclier

ooooh, tu as peur !

tu as peur de quoi ?
que je comprenne ou que je comprenne pas ?
que je te prenne dans mes bras ?
ou que je t’abandonne là ?

tu as peur de quoi ?
tu crois vraiment que je supporterais pas
les démons qui t’assaillent, qui tournoient
qui font partie de toi

regarde-moi
je ne suis pas vraiment plus forte que toi
mais je connais la peur du bout des doigts
et je te laisserai pas !

baisser la vitre et foncer
dans une petite boîte en fer
qui file vers le sud
tailler la route en prélude

quelques heures à zigzaguer
dans ce labyrinthe en transfert
là-bas, il y a la mer
c’est la Total certitude

vacances attitude, on oublie tout
noyer nos habitudes dans les vagues au bout
tout au bout de la route
plus que 500 kilomètres !

un camion de chaque côté
situation pas tout à fait rêvée
faut bien leur faire confiance
aux routiers et à la chance

petite pause pour souffler
reprendre contact avec notre existence
retrouver son essence
illusion d’indépendance

vacances attitude, on oublie tout
noyer nos inquiétudes dans les vagues au bout
tout au bout de la route
plus que 200 kilomètres !

vacances attitude, on oublie tout
la conscience se dénude dans les vagues au bout
tout au bout de la route
on y est presque !

oublier sur une plage de Sète la faucheuse qu’on a croisée sur l’A7

oublier sur un cheval de Camargue la fin d’une ère qui nous nargue

oublier sur un voilier près de Nice de quel désastre on s’est rendus complices

oublier dans les Calanques de Marseilles le prix de l’été au soleil

on y est presque !

vacances attitude, on oublie tout
vacances attitude, on oublie tout
vacances attitude, on oublie tout
on oublie tout
on oublie tout…